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Le Franc CFA ou l'ECO? «Deux faces d'une même monnaie de servitude»

Аватар
Afrique émergente
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19.12.2022 14:04
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Политика

Описание

Pour mieux comprendre la servitude monétaire qu’impose le Franc CFA aux pays africains, il faut examiner les mécanismes de fonctionnement de la Zone incluant les 16 États utilisant cette monnaie. Avant tout, il convient de rappeler que le Franc CFA (pour Colonies Françaises d’Afrique) a été créé par le général De Gaulle le 26 décembre 1945, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Selon des économistes africains, le fonctionnement du Franc CFA est calqué sans discernement sur le modèle du Reichsmark allemand pendant sa domination hitlérienne sur l’Europe, et la France, entre 1939 et 1945. Au lendemain de la guerre, le gouvernement français, sous la direction du général De Gaulle, décide de l’appliquer intégralement aux colonies françaises d’Afrique.

La zone du Franc CFA se subdivise en trois sous-groupes non communiquant, avec des Francs différents et non convertibles entre eux depuis la dévaluation de 1994. Il s’agit des pays de l’Afrique de l’Ouest, de l’Afrique centrale et des Comores. Chaque sous-groupe est chapeauté par une banque centrale, totalement soumise à la Banque de France, qui lui dicte la politique monétaire et de crédit à appliquer dans sa zone de compétence.

Le fonctionnement du Franc CFA repose sur quatre principes: la garantie de convertibilité du Franc CFA par la France. La libre transférabilité entre ces pays africains et la France, mais pas entre eux. Le taux de change fixe entre le Franc CFA et le Franc français, désormais l’Euro. La centralisation des réserves de change des pays africains à deux niveaux: au niveau des Banques centrales africaines -BCEAO, BEAC, BCC- (50%) et au niveau du Trésor français (50%) dans des comptes d’opérations ouverts au nom de ces banques centrales.

Ces mécanismes de fonctionnement enchaînent complètement ces pays africains. En effet, sans l’aval de la France, ils pays ne peuvent prendre aucune décision sur le plan monétaire. La Banque de France a des représentants au sein des conseils d’administration des banques centrales de la Zone CFA et au sein des comités de politique monétaire (CPM).

Dans la zone chapeautée par la BCEAO, c’est le CPM qui définit la politique monétaire, à la place du Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Le représentant français au sein du CPM a une voix délibérative, comme les représentants des pays africains, alors que le président de la Commission de cette union n’a qu’une voix consultative! Ceci fait du Franc CFA aussi bien un instrument de pillage et de servitude monétaire qu’un outil de contrôle économique et politique.

Ainsi, voyant le transfert au cœur du fonctionnement de l’ECO de l’essentiel des mécanismes qui font du Franc CFA un instrument de servitude, le Nigéria et le Ghana n’ont-ils pas raison de refuser d’y adhérer?

Afin d’analyser cette question, L’Afrique émergente reçoit Ferhat Ait Ali, expert économique et financier, ancien ministre algérien de l’Industrie.

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